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Nouveau livre : l’oligarchie au pouvoir par Yvan Blot

TITRE : L’OLIGARCHIE AU POUVOIR

Malgré les apparences, la France ne vit pas en démocratie !

Tout le monde en France croit vivre en démocratie. Et pourtant, aucun citoyen ne croit que son bulletin de vote va changer quelque chose. Le pouvoir réel est oligarchique, c’est-à-dire dans les mains d’un petit groupe d’hommes. Le parlement n’a plus guère de pouvoir : l’élu de la majorité doit voter pour les projets de lois du gouvernement. Qui rédige ces projets ? Les hauts fonctionnaires non élus. De plus, des intérêts organisés font pression : grand patronat, grand syndicats, groupuscules qui se disent autorités morales, medias politiquement corrects.

L’oligarchie tient le pays en mains en dépit des tentatives de réformes. Mais il y a de plus en plus de résistance. Elle vient des victimes du système, victimes de l’immigration, de l’insécurité, de la spoliation fiscale, de l’arrogance des dirigeants.

Comment réconcilier les Français avec leur régime ? En écoutant le peuple et sa vérité vécue, grâce aux référendums d’initiative populaire. Cette vérité est différente de celle des « experts », car vécue, «  existentielle ». Qui suivra cette ligne ? La gauche ? l’UMP ? Le FN ? Si la classe politique s’obstine à ne pas comprendre, seule la démocratie directe pourra délivrer les Français du pouvoir oligarchique en rendant la parole au citoyen.

Yvan Blot, ancien élève de l’ENA, docteur ès sciences économiques, ancien député du Pas-de-Calais et ancien député européen est à présent membre d’un des grands corps d’inspection de l’Etat. Ayant été élu et fonctionnaire, il a par cette double expérience mesuré le fossé entre la classe oligarchique et le peuple. Admirateur du régime de la Suisse, il a créé l’association « Agir pour la Démocratie Directe » qui demande que l’on applique enfin intégralement les articles 6 et 14  de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui autorise le peuple à voter directement par référendums les lois et les impôts.

TABLE DES MATIERES

Introduction : le grand fossé entre le pouvoir et le peuple

Chapitre 1er : Démocratie ou oligarchie ? Histoire d’une imposture

Chapitre 2 : La façon dont l’oligarchie traite l’homme : une matière première

Chapitre 3 : L’idéologie égalitaire du système oligarchique

Chapitre 4 : L’enlaidissement du monde (matériel et moral)

Chapitre 5 : L’autodestruction de l’Occident : irresponsabilité et priorité au court terme

Chapitre 6 : L’idéologie justificatrice de l’oligarchie

Chapitre 7 : La composition de la classe oligarchique et son emprise sur le peuple

Chapitre 8 : Les forces de résistance à l’oligarchie : héros et victimes

Chapitre 9 : Les contrepoisons : philosophies de l’existence et traditions religieuses

Chapitre 10 : Les contrepoisons politiques : enracinement national et démocratie directe

Conclusion : Le mouvement anti-oligarchique en Suisse, un exemple pour la France ?

Editions  ECONOMICA

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Nouvelle adresse d’agir pour la démocratie directe

AGIR POUR LA DEMOCRATIE DIRECTE : 73 rue de la Faisanderie 75116 Paris

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nouveau : association « Agir pour le démocratie directe »

AGIR POUR LA DEMOCRATIE DIRECTE (A2D)

(association sous le régime  de la loi du 1er juillet 1901)

 OBJET (article deux des statuts) : 

 L’association « Agir pour la démocratie directe » a pour but d’obtenir une réforme de la constitution de la république française pour y introduire au niveau local et national des mécanismes de démocratie directe, notamment le référendum d’initiative populaire. Elle demande l’application intégrale des articles 6 et 14 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, c’est-à-dire la coexistence harmonieuse de la démocratie représentative et de la démocratie directe. Elle affirme que seule de telles réformes peuvent faire sortir la France des blocages politiques et de l’oligarchie de fait qui y règnent.

 Au préalable, l’association s’efforce de mieux faire connaître en France et en Europe les mécanismes de démocratie directe tels qu’ils fonctionnent notamment en Suisse, au Liechtenstein, aux Etats-Unis d’Amérique, en Allemagne et en Italie. Elle peut mettre en œuvre des actions de sensibilisation à la démocratie directe, notamment au niveau local. Elle propose aux pouvoirs publics des projets de réformes de la constitution avec les textes d’application nécessaires pour que la démocratie directe puisse exister réellement en France.

 Elle organise aussi des colloques, des conférences et des sessions de formation. Elle publie des documents d’information et des ouvrages, gère des sites d’information sur internet et met en œuvre tous moyens analogues susceptibles de contribuer au but de l’association.

 Les travaux de l’association ont vocation à être médiatisés ou communiqués aux responsables du monde politique, économique et social, éducatif et religieux notamment.

 COORDONNEES

 Le siège social est situé au 73 rue de la Faisanderie 75116 Paris.

L’adresse électronique est atheneion@free.fr

L’association anime le site internet www.democratiedirecte.fr

 ANIMATEURS

 Le président est Yvan Blot, docteur ès sciences économiques, ancien élève de l’ENA, haut-fonctionnaire, ancien député du Pas-de-Calais, auteur des livres « les Racines de la Liberté », Albin Michel (1985), « la Démocratie Confisquée » Jean Picollec (1988) et « Herbert Spencer, un évolutionniste contre l’étatisme » Les Belles Lettres, prix du livre libéral 2007.

Le secrétaire général est Bernard Lebeau, ingénieur agronome, ancien expert auprès de la Cour des Comptes européennes, consultant.

Le trésorier est Jean-Marie Blin, journaliste, élu local, animateur d’une organisation non gouvernementale humanitaire.

AGIR POUR LA DEMOCRATIE DIRECTE

 BULLETIN D’ADHESION

 73 rue de la Faisanderie 75116 Paris

 Nom :

Prénoms :

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Adresse électronique :

Téléphone fixe :

Téléphone portable :

 Profession  (ancienne profession pour les retraités)

 Activités associatives (politiques, syndicales, culturelles, religieuses, etc…)

 Activités souhaitées au sein de l’association (cocher les choix éventuels)

-         études

-         traductions (préciser quelles langues étrangères)

-         publications

-         organisation de colloques

-         création de section locale

-         contacts avec les milieux politiques

-         contacts avec les milieux professionnels et syndicaux

-         contacts avec la vie locale

-         contacts avec la vie associative

-         contacts avec les organisations religieuses et philosophiques

-         contacts avec les universités et écoles

-         Contacts avec l’étranger

-         Contacts avec la presse et les medias

 Cotisation annuelle d’adhérent : 20 euros

Cotisation annuelle de soutien : à partir de 100 euros

 Je sous signé ……………. adhère à l’association « Agir pour la démocratie directe » et paie la cotisation de ………. euros pour l’année en cours.

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tableau des référendums en italie

 

LES REFERENDUMS EN ITALIE

DEPUIS LA LOI D APPLICATION DE LA CONSTITUTION DE 1947

 

 

DATE      THEME (annulation d’une loi)         PARTICIPATION       % DE OUI

12/05/74                   loi autorisant le divorce                              87,7                             40,7

11/06/78                   loi anti terrorisme                                        81,2                             23,5

                                  Financement public des partis                                                        43,5

17/05/81                    Ordre public                                                 79,4                             14,9

                                   Prison à vie                                                                                      22,6

                                   Port d’arme                                                                                      14,1

                                  Avortement totalement libre (radicaux)                                 11,6

                                  Avortement interdit (pro vie)                                                       32,0

09/06/85                    suppression échelle mobile des salaires        77,9                      45,7

08/11/87                     Responsabilité civile des juges                     65,1                            80,2

                                    Tribunal spécial pour ministres                                                         85,0

                                    Localisation centrale nucléaires                                                        80,6

                                    Subventions aux communes avec centr nucl                               79,7

                                    Participation ENEL à centrales nucl à l’étranger                          71,9

19/ 06/ 89                     Elargissement compétences parlement (consultatif)           88,0

03/06/90                       Code de la chasse                                           43,0                            92,2

                                      Accès chasseurs à terrains privés                  42,9                            92,3

                                      Pesticides                                                        41,1                           93,5

09/ 06/ 91                      droit électoral (anti proportionnelle)               62,4           95,6

18/04/93                         compétence locale environnement                  76,9            82,6

                                       Punition des drogués (abolition)                                                     55,4

                                        Financement public des partis                                                        90,3

                                      Nomination dir caisse épargne par ministre                            89,8

                                       Suppression ministère des participations                                 90,1

                                       Scrutin majoritaire pour sénateurs                     77,0                  82,7

                                        Suppression ministère agriculture                                                  70,2

                                        Suppression ministère du tourisme                                                82,3

11/ 06/ 95                         Syndicats représentatifs                                     56,9                    49,9

                                          Syndicats représentatifs (accès plus libre)         56,9                   62,1

                                         Syndicats représentatifs fonctionnaires               56,9                   64,7

                                          Prisons sécurisées pour membres mafia             57,0                   63,7

                                          Privatisation télévision publique RAI                 57,2                  54,9

                                          Pouvoirs aux communes lices commerciales      57,0                  35,6

                                          Intégration Cotisations de syndicats                     57,1                56,2

                                          Elections communales                                          57,1                49,4

                                          Heures ouverture des magasins                             57,1                37,5

                                           Distrib illimitée canaux de télévision                   57,9                43,0                                       

                                          Pub à la télévision dans les films                           57,9               44,3

                                           Pub télé une agence doit trav pour plus de 2 télé  57,8             43,6

17/ 06/ 97                           Suppression contrôle Etat sur entreprises              30,2        74,1

                                            Suppr Examen pour objecteurs de conscience      30,3         71,7

                                            Suppr chasse sur terre étrangère                            30,2              80,9

                                            Suppr automatisme carrière juges                          30,2             83,6

                                           Suppr chambre des journalistes                               30,0           65,5

                                            Suppr pour juge d’exercer expertises à côté           30,2            85,6

                                            Suppression ministère agriculture                           30,1            85,6

18/ 04/ 99                            Suppr de tout scrutin à la proportionnelle                49,6       91,5

21/ 05 / 2000                       Remboursement frais électoraux                               32,2         71,1

                                            Election un quart chambre députés à la prop             32,4        82,0

                                            Travail annexe pour fonctionnaires                            32,0        75,2

                                            Prélèvement autom du salaire pour syndicats              32,2       61,8

                    Supp limitation protection licenciement entre de plus de 15 salariés   32,5   33,4

                                             Possib changer carrière entre accusation et tribunal     32,0     69,0

                                             Election de listes au conseil sup magistrature               38,6     70,6

7/ 10/ 01                                Régionalisation (réf constit)                                 34,1     64,2

15/ 06/ 03                             Limitation protection licenciement                    25,7     87,4

                                              Propr foncier doit laisser ligne électr                       25,7    86,3

13 / 06 / 05                            Limit recherche embryons                                   25,9   88,0

                                               Limit implant embryon                                                25,9    88,8

                                               Idem et reconn embryon                                               25,9   87,7

                                               Interdiction insémination artif                                      25,9   77,4

25 / 06 / 06                            Réforme de la constitution                                        53,7  38,7

17/ 05/ 09                               Suppr primes de major pour alliances chambre                     

                                                Suppr primes de maj pour alliances sénat

                                                Suppr candidats dans plusieurs circ

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la démocratie directe en Italie

 

LA DEMOCRATIE DIRECTE EN ITALIE

Par Anna Capretti[1]

(traduit de l’allemand par Yvan Blot)[2]

 

Dans la littérature de la plupart des pays, l’Italie est l’exemple typique du pays ingouvernable en raison de ses partis politiques multiples dans une démocratie parlementaire censée être peu viable. La péninsule offre l’image d’une république bananière. Les plus récentes illustrations en sont le scandale des ordures en Campanie ou le clientélisme caricatural de la classe politique ou l’échec du gouvernement Romano Prodi (son deuxième gouvernement depuis 2006 et le 59ème gouvernement depuis la proclamation de la République en 1946.

 Pour comprendre cette crise durable du système politique italien, l’inefficacité et la corruption des pouvoirs publics, il faut savoir que l’Italie est le seul pays des démocraties occidentales qui n’a connu jusqu’en 1990  aucune alternance entre la droite et la gauche. Pendant 50 ans, la démocratie chrétienne a régné en continue et l’Etat a été vendu aux intérêts partisans (partitocrazia) et la démocratie n’a plus été qu’une façade. Au mieux, les coulisses ont changé mais les acteurs sont restés les mêmes. Cela explique le manque de réformes jusqu’à des années récentes.

 La partitocratie bloquante n’a été dépassée que grâce au référendum qui a permis aux électeurs d’exiger la réduction du rôle des partis. Mais l’effondrement de la partitocratie aux élections du 5 avril 1992 n’a pas empêché de continuer le système de la démocratie chrétienne sous d’autres noms. Il faut connaître ce contexte pour comprendre le rôle exceptionnel qui a fini par être alloué à la démocratie directe. Le référendum italien ne se comprend que dans son contexte.

 L’Italie est une démocratie représentative enrichie par des éléments de démocratie directe. Nous allons voir comment la démocratie et la souveraineté du peuple sont organisées en Italie et traiter les questions suivantes :

-         Quelle fonction a le référendum dans l’ordre politique italien ?

-         La démocratie directe s’oppose-t-elle à la démocratie représentative ?

-         Le modèle italien est-il unique ou le cas italien peut-il devenir un modèle ?

 Monarchie ou république ? La tradition constitutionnelle italienne.

 En principe, l’Italie est une démocratie représentative. Mais elle a une composante de démocratie directe qui n’est pas à négliger. C’est donc un système mixte. Cette évolution est apparue avec la chute du fascisme qui entraina un changement institutionnel important dans la péninsule.

 Le 2 juin 1946  le peuple fut appelé à un référendum sur la forme de l’Etat. Il y eu un débat passionné sur la question de savoir s’il fallait une monarchie ou une république. Avec une participation de 89,1%, la république l’a emporté avec une majorité modeste de 54,3%.

 Le même jour, on élisait une assemblée constituante de 556 députés qui fut chargée d’élaborer une nouvelle constitution. Elle nomma en son sein une commission de politiciens connus et de juristes de 75  membres appelée « la commission des 75 ».

 La constituante discuta de l’introduction d’éléments de démocratie directe dans la constitution. Les pères de la constitution pensaient qu’il fallait aller au-delà du système purement représentatif pour que le peuple puisse participer aux décisions. On envisageait une démocratie semi-directe par laquelle le citoyen pourrait décider de certaines questions politiques pendant le mandat des parlementaires et constituer ainsi une animation complémentaire de la vie démocratique.

 Mais il y eut des opposants qui eurent du succès. Les arguments contre la démocratie directe correspondaient souvent à des préjugés mais qui servaient les intérêts des grands partis. Ils prétendaient que le peuple serait un élément de trouble, que les éléments de démocratie directe mineraient la démocratie représentative car les électeurs ne comprendraient pas les conséquences des questions qui leur seraient posées. La gauche craignait une dérive plébiscitaire. Les conservateurs auraient plus de chances d’en profiter avec démagogie. On croyait surtout que la démocratie référendaire et la démocratie représentative étaient incompatibles. On croyait que le référendum n’apporterait pas plus de démocratie mais moins !

 Le projet des 75 fut donc modifié par la constituante en session plénière : on voulait en sortant du fascisme créer un régime des partis, retirer le pouvoir au gouvernement pour le donner au parlement et renforcer ainsi le rôle des partis politiques face à l’Etat.

 La commission des 75  a alors envisagé le référendum suspensif et le référendum arbitral. Dans une première version, comme au niveau fédéral en Suisse, un référendum facultatif pouvait se déclencher après le vote d’une loi ; Dans la deuxième variante on donnait au président de la république la possibilité de convoquer une référendum lorsqu’il y avait conflit entre la chambre des députés et le sénat sur une loi. On prévoyait astucieusement que le résultat du référendum n’entrainerait ni dissolution du parlement ni démission du gouvernement afin de stabiliser les institutions.

 La démocratie directe dans la constitution de 1947

 Malgré les oppositions, l’Italie eut après la Suisse la plus forte dose de démocratie directe prévue dans sa constitution. La constitution de 1947  prévoit au niveau national les formes de démocratie directe suivantes :

-         l’initiative des lois de l’article 71

-         Le référendum législatif facultatif abrogatif (article 75)

-         Le référendum constitutionnel facultatif

 Au niveau local, la constitution prévoit l’initiative des lois et le référendum populaire sur les lois et décrets au niveau régional (article 123) et le plébiscite territorial obligatoire de l’article 132.

 Enfin, on a introduit en 1990 le référendum consultatif communal et en 2000 le référendum abrogatif au niveau de la commune et de la province. Mais la réglementation détaillée relève des administrations locales qui ont neutralisé en partie ces dispositions.

 Examinons les instruments de démocratie directe au niveau national.

 L’initiative des lois

 Les citoyens peuvent avoir l’initiative des lois : 50 000 électeurs peuvent présenter un projet de loi rédigé en articles (art 71 § 2) sur tout sujet. Le projet est examiné par les deux chambres, voté ou rejeté. C’est une sorte de pétition qui ne débouche pas sur un référendum. Le citoyen a le même droit que le parlementaire.

 Le référendum facultatif pour abolir une loi

 500 000 électeurs ou cinq conseils régionaux peuvent déclencher un référendum pour abolir tout ou partie d’une loi (art. 75). Mais il y a des restrictions.

-         le référendum ne peut se faire que sur une loi déjà votée

-         On ne peut qu’annuler la loi et non la réécrire

-         Plusieurs domaines sont exclus : les impôts, le budget, l’amnistie et la réduction de peine, la ratification des traités internationaux. La constitution et les décrets sont exclus de cette procédure.

-         Les finances et les affaires étrangères sont réservés au parlement car ils exigent des connaissances particulières et touchent les intérêts fondamentaux de l’Etat.

-         Enfin, il y a un quorum élevé : la majorité des inscrits doit voter et la majorité des voix doit se prononcer pour l’annulation de la loi. Le quorum est élevé pour éviter une faible participation et pour éviter que les partis manipulent l’instrument. Prôner dès lors le boycott est un moyen efficace en Italie pour faire échouer un référendum. Il faut vraiment un intérêt énorme de la population et une forte majorité pour que le référendum réussisse.

 Finalement, le référendum est conçu comme un instrument secondaire à n’utiliser que dans des cas d’exception.

 Le référendum constitutionnel facultatif

 Les modifications de la constitution sont de type parlementaire : les lois constitutionnelles doivent être votées par les deux chambres deux fois à la suite et en moins de trois mois : lors du deuxième vote, il faut la majorité absolue (art. 138). Mais dans les trois mois après leur publication, ces lois peuvent être soumises à référendum si un cinquième d’une chambre ou 500 000 électeurs ou 5 régions l’exigent (art. 138 §2). La majorité des voix suffit car il n’y a pas de quorum de participation.

 Si les chambres ont voté la révision au deux tiers, il est impossible de demander le référendum.

 Revitalisation tardive : la loi d’application de 1970

 Ces formes de démocratie directe furent non appliquées pendant plus de 20 ans car les chrétiens démocrates bloquèrent le texte d’application. seule la loi 352  du 25 mai 1970 a réglé les modalités d’application. Mais on limita le domaine d’application du référendum en raison de la méfiance parlementaire envers la procédure.

 L’adoption de cette loi fut due à une crise particulière. Lorsque fin 1969  une majorité parlementaire apparu en faveur du divorce, une partie de la Démocratie Chrétienne envisagea de bloquer cela par un référendum car les sondages donnaient une majorité contre le divorce. Mais il n’y avait pas le texte d’application ! La DC  était contre le divorce mais laissa passer la loi pour éviter une crise. En échange, elle exigea des partis laïques d’opposition la loi d’application pour le référendum.

 Le référendum législatif en pratique

 La procédure du référendum abrogatif comporte quatre phases et suit un calendrier précis.

A / Première phase : 500 000 électeurs ou 5 conseils régionaux déposent une pétition de référendum entre le 1er janvier et le 30 septembre de chaque année devant la chancellerie de la cour de cassation. La demande est portée par un groupe de 10 promoteurs minimum. Il y a trois mois pour rassembler les signatures.

B/ Deuxième phase : le bureau central de la cour de cassation vérifie que la demande obéit aux prescriptions de la loi d’application. Sa décision intervient avant le 15 décembre puis le texte reconnu correct formellement est transmis au Tribunal constitutionnel.

C/ Troisième phase : le tribunal constitutionnel se déclare sur la constitutionnalité de la demande de référendum. Les demandes qui touchent la constitution, qui contiennent plusieurs questions sur des sujets différents ou des lois qui peuvent être annulées par décret, ne sont pas valables.

D/ Si le tribunal donne son accord avant le 10 février, le président de la république convoque les électeurs et fixe une date entre le 15 avril et le 15 juin.

 Ce calendrier précis peut être remis en cause en fin de mandat du parlement et les référendums reportés. Le référendum sur le divorce a été reporté 3 ans après la pétition primitive.

 Quand un référendum échoue et que la loi est maintenue, il est interdit de refaire un référendum sur le même sujet pendant 5 ans.  Si le référendum réussit le décret d’annulation de la loi parait au journal officiel et au recueil des lois pour devenir applicable. Le président de la république peut cependant mettre son véto et retarder de 120  jours l’annulation de la loi.

 Le parlement peut annuler une loi que le référendum n’a pas annulé ou refaire une loi annulée par référendum. Mais psychologiquement, c’est impossible et reviendrait à demander au président de demander aux chambres de délibérer à nouveau ou de dissoudre le parlement.

 Les référendums depuis 1974

 Alors que l’initiative législative n’a jamais été utilisée et que le référendum constitutionnel n’a été utilisé que deux fois (2001 et 2006), le référendum abrogatif a joué un rôle énorme pour faire sortir l’Italie de la stagnation politique. Comment est-ce explicable ?

 A la fin des années 70, on s’aperçu que le système politique avait besoin de réformes urgentes  (de la loi électorale par exemple). Mais les tentatives de réformes échouèrent devant l’incapacité des élites politiques qui ont repoussé les réformes pour garder leurs pouvoirs et leurs privilèges. On a alors du trouver un autre chemin et on le trouva avec le référendum abrogatif. Le succès de cette procédure de démocratie directe vient de ce qu’elle est un contrepoids au régime des partis et un instrument de réforme efficace parce qu’il échappe au contrôle des partis établis.

 Ainsi, ce qui avait été conçu comme un instrument d’exception est devenu d’une pratique courante vers le milieu des années soixante dix  et développa une dynamique imprévue. L’arme du référendum est utilisée de plus en plus notamment grâce au parti radical et de son fondateur Marco Panella. En dehors d’un référendum consultatif sur le parlement européen en 1989 et de deux référendums constitutionnels (2001 et 2006), on compte de 1974 à 2008 quatorze consultations populaires comportant 59  questions sous la forme de référendums abrogatifs.

 L’étendue des sujets sur lesquels on porté les référendums va de l’environnement et de l’énergie nucléaire, le droit du travail et des médias jusqu’aux questions de morale sociale. Par contre, (à la différence de l’Allemagne ou de la Suisse), il n’y eu pas de référendum sur l’éducation et la culture. En économie, il y eut un seul référendum sur l’échelle mobile des salaires. Un référendum n’a pas qu’un aspect négatif. Son résultat peut stimuler l’adoption de nouvelles lois par le parlement.

 Chaque référendum a marqué une nouvelle étape du développement du système politique de l’Italie.

 Après le référendum sur la forme de l’Etat (1946), le premier référendum eut lieu en 1974 (28 ans plus tard !) sur le divorce. 37, 5  millions d’électeurs devaient décider du sort de la loi « Fortuna-Baslini » votée par le parlement en 1971  et qui devait légaliser le divorce. L’Italie fut alors coupée en deux : d’un côté les chrétiens démocrates, de l’autre les Républicains, Socialistes et sociaux-démocrates. Dans un contexte de mécontentement et d’économie morose, le débat prit une allure de croisade. Plus qu’un débat de démocratie directe, cela devint un conflit entre deux hommes Amintore Fanfani, secrétaire du parti chrétien-démocrate, et Enrico Berlinguer, leader du parti communiste. Le résultat de ce référendum que les partis disaient ne pas vouloir fut à l’inverse des prévisions : les « non » (contre la suppression de la loi, donc pour le divorce) l’emportèrent avec 59,3% contre 40,7%.

 Avec la confirmation de la loi sur le financement public des partis en 1978, le rôle des partis fut confirmé. L’annulation de la loi promettait un financement plus clair. Les partis d’extrême gauche, d’extrême droite et le parti Radical furent battus par l’influence des grands partis, et surtout du parti communiste, qui voulaient conserver la loi.

 En 1981, les référendums approuvant la loi antiterroriste (Cossiga), la prison à vie et l’interdiction aux personnes privées de s’armer, a renforcé le prestige de l’Etat italien accusé d’immobilisme face à la vague terroriste. La confirmation de la loi sur l’avortement a montré l’affaiblissement de l’influence de l’Eglise dans la société italienne.

 En 1985, le décret Craxi supprimant l’échelle mobile des salaires a été confirmé par référendum. Pourtant les syndicats étaient en faveur de l’échelle mobile avec acharnement. Craxi pour lutter contre l’inflation avait réduit de 4% l’indexation des salaires sur les prix, soit une perte de 20 euros par mois pour 20 millions de salariés. Les cinq partis de la coalition se déchirèrent sur ce problème. Craxi menaça de se retirer. Ceux qui étaient pour annonçait une nouvelle politique économique. Ceux qui étaient contre se plaignaient de l’intervention de l’Etat dans ces sujets syndicaux. Le peuple donna raison à Craxi.

 Malgré un taux d’abstention record, le « oui » l’emporta pour freiner le programme d’énergie nucléaire et pour un contrôle plus grand sur les juges. Mais le fait que le référendum ne puisse qu’abolir des lois aboutit à des questions confuses.

 Les référendums sur l’encadrement de la chasse, la protection de la faune et l’utilisation de pesticides échouèrent devant le quorum. La participation électorale pour la première fois était tombée au-dessous de 50%.

 En 1991, c’est le référendum qui confirma à 95%  (62%  de participation) le passage au scrutin majoritaire : ce fut un non clair aux combinaisons des partis liées à la proportionnelle, et un non aux leaders corrompus Giulio Andreotti et Craxi. A cette date apparait ce qu’on appelle la « seconde république » !

 En 1993, on parla d’une victoire du peuple italien et de la fondation d’une démocratie moderne. Le peuple a dit huit fois « oui » : oui à la réforme de l’élection sénatoriale, oui à la suppression du financement public des partis, oui à la suppression du ministère des participations d’Etat, oui à la suppression d’un paragraphe de la loi anti drogue, oui à une réforme des banques et de la protection de l’environnement.

 En 1995, les référendums portèrent sur les medias. 57%  refusèrent de limiter les pouvoirs de Sivio Berlusconi malgré les demandes de la gauche. 55%  votèrent la privatisation partielle de la chaine de télévision RAI et 56% contre la limitation de la publicité à la télévision.

 En 1997, 7 référendums échouèrent sur le quorum qui atteignit 30% ! Il s’agissait de l’examen pour devenir objecteurs de conscience et de la réduction du droit de chasse notamment.

 En 1999  les initiateurs de référendums voulaient supprimer ce qui restait de vote à la proportionnelle (un quart des sièges) : le quorum de 50%  de justesse ne fut pas atteint.

 En 2000 le peuple vota sur 7 des 21  demandes de référendum du parti radical. On eu 32%  de votants à cause des demandes de boycott de Berlusconi et du communiste Bertinotti. Il s’agissait de supprimer le quota de proportionnelle à la chambre des députés. On refit un débat sur le financement public des partis, supprimé en 1993 et sur la libéralisation de la procédure de licenciement.

 En 2001  il y eut pour la première fois un référendum constitutionnel : la participation fut de 34%  mais il n’y a pas de quorum. 64%  se prononcèrent pour les « dévolutions » aux régions. Mais le référendum de détail sur l’autonomie scolaire, sanitaire et fiscale des régions fut reporté à cause des attentats du 11 septembre aux USA.

 En 2003, les référendums échouèrent à cause du quorum avec 25%  de participation des citoyens. 87,4%  se prononcèrent pour libéraliser le licenciement et 86,3%  voulaient interdire aux producteurs d’électricité de faire passer les lignes sur les terrains privés.

 En 2005, il y eu le référendum sur la bioéthique. Le pape et les évêques ont appelé au boycott et un quart des électeurs allèrent aux urnes. La fécondation artificielle reste interdite pour les gens non mariés ou au dessus de 50 ans. Les mères porteuses et les stocks d’embryon demeurent interdit.

 En 2006, la réforme constitutionnelle de Berlusconi, qui devait renforcer le premier ministre au dépends du parlement et du président, échoua avec 61,3% des voix (participation de 63,7%).

 En 2008, on a reporté le référendum du 18 mai à cause des élections de 2009  avancées. Il s’agissait des 2%  à avoir pour être représentés. Il s’agissait aussi de primes de majorité pour les alliances au sénat et du droit de se présenter dans plusieurs circonscriptions à la fois. La cour constitutionnelle a autorisé les trois référendums tout en mettant en garde contre l’affaiblissement des institutions venant de ces projets.

 Les procédures de démocratie directe dans une démocratie représentative : le cas italien.

 Alors que la démocratie directe s’est implantée avec succès, certains veulent remettre en cause l’article 138  de la constitution.

 Ce n’est pas le référendum constitutionnel de 2001  qui échauffe les esprits mais celui de 2006. On ne serait obligé de faire un référendum constitutionnel que si 3/5 de la chambre l’exige (un cinquième à présent). Ainsi le gouvernement pourrait faire des révisions sans avoir besoin d’une grande majorité parlementaire.

 Dans un pays où les termes de « cinismocrazia » et « partitocrazia » décrivent parfaitement la réalité, les éléments de démocratie directe ont complété les mécanismes de légitimation sans remettre en cause la démocratie représentative. Au contraire des thèses disant que la démocratie directe et la démocratie représentative sont incompatibles, on a vu qu’elles se complétaient harmonieusement et améliorait le processus de formation des lois.

 La démocratie directe a sa place dans le régime parlementaire car la souveraineté vient du peuple et doit pouvoir s’exprimer  indépendamment des directives des partis qui contrôlent le parlement. Elle permet de rapprocher le peuple du parlement entre deux élections et d’éviter à un fossé de se former. La démocratie représentative nie sa propre légitimité en prétendant au monopole. La possibilité donnée au peuple de participer à la fonction législative ne remet pas en cause  la démocratie représentative. Elle réaffirme la règle en permettant des exceptions. Le référendum doit être conçu de telle façon qu’il ne doit pas être une motion de censure contre le parlement. C’est un instrument indépendant des partis qui corrige le régime des partis en laissant plus de liberté au citoyen.

 L’Italie montre que le référendum a apporté un vent frais dans des structures bloquées et fossilisées. Un référendum n’oblige nullement, en annulant une loi, à dissoudre le parlement ou à obliger le gouvernement à démissionner.

 Le modèle italien vaut pour la situation telle qu’elle est en Italie.

 On prévoit des réformes : on passerait de 500 000  à 800 000 signatures pour tenir compte de l’augmentation de la population depuis 1948.  Ensuite, le peuple ne doit pas avoir seulement le droit du référendum veto. Il devrait pouvoir avoir l’initiative avec un nouveau texte. Enfin, le tribunal constitutionnel devrait pouvoir contrôler la question posée avant que l’on recueille les signatures.

 Cela éviterait d’annuler des processus déjà engagés. Déjà l’annnulation peut avoir lieu avec 100 000 signatures. On créerait l’initiative avec 800 000 signatures obligeant le parlement à discuter le projet dans les deux ans. Au-delà on passerait automatiquement au référendum.

 On ne sait l’avenir de ces réformes mais la pression des citoyens est forte pour améliorer les prestations de l’administration.

 Il ne faut pas croire que la démocratie directe est un remède miracle pour régler vite des problèmes. Tout dépend des rapports de forces sociaux. La démocratie directe permet d’introduire des participations utiles à la prise de décision. Le quorum de 50% semble exagéré. Pour trier les projets utiles, la collecte d’un grand nombre de signatures devrait suffire.


[1] Cet article est extrait du livre : mehr direkte Demokratie wagen (oser plus de démocratie directe) de Hermann Heussner et Otmar Jung paru à Munich en 2009 aux éditions Olzog. Anna Capretti est chercheur sur la participation des citoyens et la démocratie directe à l’université de Marburg (Allemagne).

[2] Yvan Blot est docteur ès sciences économiques et président de l’association « Agir pour la démocratie directe » (APLD)

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Pourquoi la démocratie directe?

 

Pourquoi la démocratie directe ?

Présentation résumée

par Yvan Blot

animateur du site : www.democratiedirecte.fr

 

Extension géographique

La démocratie directe qui permet au peuple, et pas seulement à ses représentants élus, d’abroger ou d’adopter des lois, est encore très minoritaire dans le monde. C’est la démocratie représentative pure, où seuls les représentants élus du peuple adoptent formellement les lois, qui demeure encore la règle de droit commun.

 La démocratie directe fonctionne depuis 1848 en Suisse (au niveau fédéral, cantonal et local) et aux Etats-Unis (au niveau de 26 Etats fédérés sur 50 et au niveau local). Le petit Liechtenstein la pratique aussi. Depuis 1970, le référendum d’initiative populaire pour abroger une loi existe en Italie. Depuis la réunification allemande du 3 octobre 1990, la démocratie directe a été progressivement introduite dans les tous les Länder allemands et souvent aussi au niveau communal. Peu à peu, la démocratie directe gagne en extension.

 Outils de la démocratie directe

 Il y a deux outils essentiels, le référendum veto et l’initiative populaire, un frein et un moteur.

Le référendum veto consiste à permettre au peuple d’annuler une loi votée par le parlement. Il faut une pétition de citoyens, (50 000 en  Suisse, 500 000  en Italie) qui demande l’annulation de la loi. Si le nombre minimum de signatures est atteint, un débat est lancé et le référendum populaire a lieu environ six mois plus tard. Si le non l’emporte, la loi est annulée. Si le « oui » l’emporte, la loi est confirmée. C’est un frein pour s’assurer que les élus ne votent pas une loi que la majorité des citoyens réprouve, ce qui peut arriver compte tenu des puissants lobbies qui font aujourd’hui pression sur le gouvernement ou le parlement. C’est un moyen de redonner la parole aux citoyens non organisés en lobbies, en groupes de pression.

 L’initiative populaire est une pétition pour soumettre au référendum un projet de loi voulu par les citoyens signataires sur un sujet que le gouvernement ou le parlement ignorent ou ont peur d’aborder. En Suisse, le chiffre pour qu’une pétition soit valable a été relevé à 100 000 signatures. Aux Etats-Unis, le chiffre à atteindre est un pourcentage des électeurs, et il varie selon les Etats. Si le nombre de signatures est atteint, un débat est organisé sur les medias et le parlement donne son avis sur le projet en question. Il peut aussi rédiger un contre-projet qui sera soumis le même jour au référendum. Ainsi, le parlement n’est nullement mis à l’écart. La démocratie directe organise plutôt une saine concurrence entre les citoyens et les élus pour faire les lois : personne ne doit être exclu alors que la démocratie représentative pure exclut les citoyens de la fonction législative.

 Pratique

 La pratique varie beaucoup selon les Etats. En Suisse ou au Liechtenstein, tout sujet, y compris fiscal, peut être abordé. Aux Etats-Unis, c’est le cas dans le domaine de compétence de la commune ou de l’Etat fédéré car il n’y a pas de démocratie directe au niveau fédéral à l’inverse de la Suisse. En Italie (au niveau national) ou dans les Länder allemands, les sujets traitant des dépenses publiques ou des impôts sont exclus de la démocratie directe.

 Il y a eu en Suisse des référendums ou des initiatives sur les sujets les plus divers comme le financement de la sécurité sociale, l’adhésion ou non à l’Union Européenne, la construction de minarets, l’adoption de la TVA, les 35 heures, et même la suppression de l’armée (rejetée).

 Aux Etats-Unis, les grands sujets ces dernières années ont été les réductions d’impôts (la fameuse proposition 13 en Californie qui s’est ensuite diffusée dans les autres Etats), la protection de l’environnement, la lutte contre la criminalité, la peine de mort, l’avortement ou l’enseignement. Aux Etats-Unis, le citoyen conserve la possibilité de faire un recours contre le résultat d’un référendum devant la Cour Suprême d’un Etat pour violation des droits de l’homme alors que rien de semblable n’existe en Suisse. En Allemagne, le contrôle de constitutionnalité est préalable à la tenue du référendum pour éviter que le juge casse une décision populaire sortie des urnes.

 En Italie, il y a eu des référendums sur le divorce, l’échelle mobile des salaires (rejetée) notamment. En Allemagne, il y a eu des référendums sur les lois électorales, l’enseignement de la religion à l’école, l’urbanisme (faut-il autoriser la construction de tours en centre ville ?)

 Effets

 Des études universitaires très poussées en Suisse, en Allemagne aux USA  notamment ont montré que les décisions du peuple étaient toujours modérées et raisonnables. Par exemple, les Suisses ont rejeté des mesures démagogiques comme l’adoption des 35H  ou bien la suppression de l’armée.

 Sur le plan des finances publiques, les travaux des professeurs Feld et Kirchgässner ont montré en étudiant les résultats des référendums financiers aux USA  et dans les cantons suisses que là où la démocratie directe existe, les impôts et les dépenses publiques sont un tiers plus bas que dans les pays où la démocratie est purement représentative. L’endettement public est de moitié plus faible. Ce résultat est d’une extrême importance.

 Objections courantes

 Les adversaires à la démocratie directe allèguent la non-maturité et la désinformation des citoyens. Ceci n’est pas du tout avéré par les études empiriques qui portent sur près d’un siècle de pratique référendaire en Suisse et aux Etats-Unis. Le référendum donne l’occasion au citoyen d’exprimer ce qu’il vit tous les jours d’où un degré d’information et de bon sens élevé. Par contre, le citoyen, lors d’une élection, vote souvent par mimétisme et non par expérience personnelle. Hitler est arrivé au pouvoir grâce à des élections parlementaires et non par un référendum. L’élection offre par rapport au référendum moins de garanties de rationalité car le citoyen est plus rationnel pour répondre à une question concrète que pour choisir un homme.

 Circonstances d’adoption

 A chaque fois, l’adoption de la démocratie directe s’est faite pour résoudre une crise : révolte populaire en Suisse dans le canton de St Gall, corruption de la classe politique en Californie,  débat sur le divorce en Italie, suites de la réunification en Allemagne.

 Yvan Blot

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réalités de la démocratie directe; exposé fait à l’Assemblée Nationale le 16 février 2010

ASSEMBLEE NATIONALE

Mardi 16 février 2010

 REALITES DE LA DEMOCRATIE DIRECTE

  1.  La démocratie directe est très mal connue en France. On sait toutefois qu’elle existe en Suisse et aux Etats-Unis. On sait plus rarement qu’elle existe aussi en Allemagne, au Liechtenstein et en Italie. On ignore à peu près tout de son fonctionnement sauf qu’elle consiste à organiser de fréquents referendums.

 Cet exposé a pour but de présenter les outils de la démocratie directe, son fonctionnement et ses résultats à l’étranger, son intérêt éventuel pour lutter contre la crise de confiance des citoyens français, comment elle peut s’articuler avec l’institution parlementaire, comment elle doit être organisée et cadrée sur le plan juridique.

 1/ Les outils de la démocratie directe

 La démocratie directe sous sa forme pure n’existe qu’en Suisse dans quelques cantons ruraux et dans de nombreuses communes. Elle existe aussi aux Etats-Unis au niveau communal, notamment en Nouvelle Angleterre. Sous cette forme, c’est l’Assemblée des citoyens (Landsgemeinde) qui vote les lois, mais aussi nomme et renverse les membres du gouvernement. Soljenitsyne qui visita le canton d’Appenzell et resta admiratif.

 La forme la plus courante aujourd’hui est en réalité la démocratie semi-directe. L’Etat répartit la fonction législative entre le gouvernement, le parlement et le peuple. Cette formule fut inaugurée dans le canton de Saint-Gall en Suisse en 1831, puis à l’échelle de la confédération suisse en 1875. Aux Etats-Unis, le premier Etat fédéré à l’adopter fut le Dakota du Sud en 1898.

 Dans ce système, le peuple a un pouvoir de veto et d’initiative sur les textes de lois, mais en principe pas sur les décrets et règlements. Aux Etats-Unis, il existe aussi la procédure du « recall » (rappel) qui permet au peuple de destituer des autorités élues comme un gouverneur ou un juge. Le peuple s’exprime par des votations que l’on appelle en France référendums ce qui entraîne une certaine confusion.

 En effet, dans la tradition française, l’organisation d’un referendum est une prérogative du Chef de l’Etat. Le referendum peut porter sur un texte de loi ou sur un traité mais en réalité, ce referendum prend aussi l’allure d’un plébiscite en faveur ou contre le chef de l’Etat. Dans les pays qui ont la démocratie directe, ce type de referendum plébiscite n’existe pas en principe.

 En Suisse, on compte trois outils essentiels :

-         le referendum obligatoire. Sur certains sujets comme la réforme de la constitution, le projet du gouvernement après avoir été approuvé par le parlement doit aussi être approuvé par le peuple avec la double majorité (du peuple et des cantons).

-         Le referendum facultatif ou referendum veto. Lorsqu’une loi est votée par le parlement, un comité de citoyens peut faire circuler une pétition contre ce texte. Si la pétition atteint 50 000  signatures, cela déclenche automatiquement un référendum sur le texte qui peut être approuvé ou rejeter. Cette procédure est un frein à l’adoption de textes qui risqueraient de ne pas être approuvés par la majorité de la population.

-         L’initiative populaire part d’une pétition de citoyens pour faire adopter un nouveau texte. En Suisse, au niveau fédéral, la pétition doit comporter au moins 100 000  signatures. Le gouvernement demande au parlement son avis sur le texte proposé par les citoyens. Ainsi, le parlement demeure toujours impliqué dans le processus législatif. S’il se prononce contre le texte de l’initiative, il peut rédiger un contre projet. Le peuple aura alors à se prononcer par référendum sur le texte de l’initiative et sur le contre-projet du gouvernement et de la majorité parlementaire. Le texte qui a le plus de voix est alors adopté. Si le contre-projet fait suffisamment de compromis avec le projet initial, il arrive que le comité de citoyens à l’origine de l’initiative la retire et le peuple vote alors que sur le contre-projet. L’initiative, à l’inverse du referendum veto n’est pas un frein mais plutôt un moteur pour promouvoir des idées nouvelles. Dans les faits, la grande majorité des initiatives n’atteint pas les 50%  de voix requis et échoue donc. Mais cela a suscité un débat qui fait avancer l’idée nouvelle.

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Principaux référendums en Suisse depuis 1948 au niveau national (fédéral)

Liste des principaux référendums fédéraux en Suisse de 1948  à 2009

EXTRAITS ET COMMENTAIRES

Il y a eu 563  référendums fédéraux en Suisse depuis l’adoption de la constitution de 1848.

Cette liste comprend :

  • 341 référendums de 1971 à 2009
  • 88 de 1945 A 1970
  • 9 pendant la deuxième guerre mondiale
  • 56  de 1919 A 1939
  • 5 pendant la première guerre mondiale
  • 64  de 1848 à 1913

De 1848  à 1875, il n’y a eu que des « référendums obligatoires » prévus par la constitution sur les sujets les plus importants définies par celle-ci. Pour qu’un texte voté par le parlement soit adopté sur certains sujets, il faut une majorité simple des citoyens plus une majorité des cantons (25 cantons jusqu’en 1978 ; 26  depuis la création du canton du Jura).

En 1875, fut introduit le « référendum facultatif ». Par une pétition de 50 000 signatures contre une loi votée par le parlement, des citoyens peuvent déclencher un référendum contre cette loi. La majorité simple des votants décide si la loi est adoptée ou rejetée par le peuple. Ce dispositif donne au peuple un droit de veto contre les textes votés par le parlement. C’est un « frein » contre les modifications de la loi non souhaitées par le peuple.

En 1891, le « droit d’initiative » a été ajouté. Par une pétition actuellement de 100 000 signatures, des citoyens peuvent proposer l’adoption d’un texte de loi constitutionnel nouveau. Le texte est adopté s’il obtient à la fois la majorité simple des votants et la majorité des cantons. Cette disposition est un « moteur » dans la mesure où elle permet d’évoquer des sujets que les politiciens ne veulent pas aborder mais qui intéressent beaucoup de citoyens.

Il y a donc désormais trois procédures différentes débouchant sur un référendum au niveau fédéral en Suisse. Il faut préciser que le gouvernement peut proposer et faire voter par le parlement, en cas d’initiative populaire, un contre-projet (Gegenvorschlag) qui sera soumis aux électeurs le même jour que l’initiative des citoyens. Les citoyens ont alors le choix entre deux textes. Celui qui a le plus de voix l’emporte.

Par Conséquent, dans tous les cas de figure aboutissant à un référendum, le parlement suisse a aussi son mot à dire.

On trouvera ci-dessous les thèmes et les résultats de quelques uns de ces référendums sur les dix dernières années :

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extrait du livre d’Yvan Blot : Herbert Spencer, un évolutionniste contre l’étatisme. éditions « Les Belles Lettres »

Le philosophe Spencer explique les défauts du régime représentatif classique dans la protection des libertés individuelles.

Chapitre  VI
Le Régime représentatif contre les libertés individuelles ?

 

A la fin de sa vie, Herbert Spencer s’inquiète beaucoup de l’évolution politique, économique et sociale des pays qui lui paraissent les plus évolués, c’est-à-dire pour lui, les plus proches du modèle de société tournée vers les préoccupations économiques (« industrial society »). Cela le conduit à la critique non conformiste du régime parlementaire et de ses partis politiques accusés de restreindre les libertés.

 

Cette critique s’exerce dans une partie des « Essais Politiques », comme « L’Excès de Législation » (1853), « Le Gouvernement représentatif » (1857), « La Réforme Electorale, Dangers et Remèdes » (1860). Trois autres textes qui  vont plus loin encore dans la critique ont été regroupés dans un livre intitulé « l’Individu contre l’État » (Man versus State) paru en 1884 : « Le Péché des Législateurs », « La Grande Superstition Politique » et « Le Nouveau Toryisme ». Il faut y ajouter certains courts articles parus dans « Faits et Commentaires » (1902), notamment « le Gouvernement de Parti » et « La Réglementation ».

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La démocratie directe et le parlement, institutions complémentaires

Les parlementaires français en session

Les parlementaires français en session

L’une des raisons qui explique le retard de la France en matière de démocratie directe (par rapport à la Suisse, bien sûr, mais aussi à l’Italie, l’Allemagne ou les Etats-Unis) serait, dit-on, l’opposition des parlementaires à l’introduction dans nos institutions du référendum d’initiative populaire. Le référendum, surtout initié par des pétitions de citoyens, serait un désaveu du travail des élus.

On s’explique mal alors, pourquoi le parlement suisse, ou italien, ou les congrès des états fédérés américains, ont plus de pouvoirs réels que le parlement français.

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